La vie devant soi

Si l’angoisse du je-ne-sais-plus-quoi-lire vous saisit au détour d’un jour de vacances sous le soleil ou sous la pluie, il est bon de savoir que Romain Gary (Émile Ajar) a vécu et a écrit des romans.

Dans La vie devant soi, publié cinq avant que l’auteur ne s’enlève la vie, on regarde le monde à travers les yeux de Momo, un fils de pute. C’est les rues de Paris que l’on parcoure, ce sont les immigrés, les pas comme tout le monde que l’on rencontre. Le beau dans ce qu’on a l’habitude de condamner, même pas comme étant laid, mais comme étant à répudier, voire ignorer.

Surtout, on partage les vieux jours de Madame Rosa dans cet appart du sixième étage où d’autres fils de pute se retrouvent, placés là par « des femmes qui se défendent » et qui n’ont pas le droit d’être mère en vertu des bonnes mœurs…

À la recherche d’un qualificatif pour décrire ce roman, je reste coite. Tout me semble mièvre tant ce roman s’insinue en vous dès les premiers mots.

Il ne reste qu’à le lire, ce La vie devant soi, demain ou dans dix ans, quand on est prêt à prendre un dimanche pour lire tranquillement. C’est un roman comme aucun autre, un personnage comme je n’en avais jamais au grand jamais rencontré auparavant.

On en a fait des films, des pièces de théâtre, des bandes dessinées, on a tout fait avec ce roman comme aucun autre, que je recommande en format original.

 

De méduses et de princesses

Dans un endroit bien particulier, des jeunes femmes bien particulières vivent une vie paisible bien particulière.

La plus jeune est une passionnée des méduses. Une geek des méduses. Une otaku des méduses. C’est tout ce que cette jeune femme qui veut être illustratrice professionnelle dessine, pour dire la vérité: des méduses.

Un soir qu’elle déprime, elle rend visite à une méduse de sa connaissance, qui vit dans l’aquarium de l’animalerie du coin. Malheur, sa méduse cohabite avec une créature qui finira par la tuer. Elle prend en main tout son courage d’otaku, ce qui est beaucoup dire, et tente de sauver la méduse. Mais c’est l’intervention d’une princesse qui décidera du sort de la méduse, et de celui de Tsukimi par la même occasion.

Ce qu’il faut savoir sur cette série de manga (plutôt récente, je triche un peu et je ne m’excuse même pas!): kawaiiiiiiiiiiii ! C’est tellement adorable, et follement amusant.

Pour le plaisir de lire tout le charme des expressions japonaises, comme -chan -kun -dômo, je recommande la version anglaise (une fois n’est pas coutume) Dès que Delcourt et les éditeurs français se décideront à adopter les appellations japonaises, qui ont beaucoup d’impact sur la relation entre les personnages, alors hop, pas de problème.

Ceci dit, précipitez-vous sans tarder chez votre libraire indépendant anglophone préféré! Tout le monde a le droit de lire ce manga, mais on appréciera  beaucoup plus  les gags si on a 16 ans et plus.

Le petit ami

Chaque fois, invariablement, en lisant les mots de Donna Tartt, je ressens cette espèce d’admiration mêlée d’envie et je remets en question mex humbles ambitions littéraires.

Car ce talent, cette intelligence, ce regard singulier, d’une simplicité désarmante, troublante, est unique, incomparable, confine au génie.

Il n’y aura jamais de qualificatifs élogieux pour parler des romans de l’auteure américaine pour qui m’ébahis. Voilà le mot juste: avec un roman de Donna Tartt, on est ébahi.

Ce que l’on pensait du monde se dissipe, les personnages nous envahissent. Nous à la merci d’une tragédie que l’on croit entrevoir, sans jamais complètement parvenir à percer les mystères et les secrets. Il nous est impossible de deviner les gens juste à les regarder, et une vie entière à côtoyer un être aimé amènera toujours son lot de surprises, de part et d’autre. La nature humaine vit d’insatisfaction, d’eau fraîche et d’histoires.

Le petit copain, traduction Française de France du titre original, The little friend, est disponible en format poche dans votre librairie indépendante préférée. À lire et surtout à savourer, Mme Tartt ne sortant un roman qu’à tous les 10 ans…