Allah n’est pas obligé

 

Un roman imposé à l’école. Rarement ais-je appréciée les lectures imposées, si je les lisais jamais. Le titre de celui-là, puis l’histoire hors de mes yeux, mes oreilles et mes doigts, loin dans cette Afrique contemporaine imbibée de ce côté-ci du miroir de clichés coloniales débiles, s’est imprégnée dans mon souvenir.

Alors, je me souviens du poids d’une Kalachnikov en bandoulière sur l’épaule d’un orphelin de 12 ans, recruté par une bande de pillards. Il a tué pas mal de gens, beaucoup de ses amis enfants-soldats sont morts, raconte le quatrième de couverture. Le héros retrace son parcours, sans tristesse ni apparence de remords. Après tout, il n’avait pas le choix.

Époque de massacres, qui se perpétue encore aujourd’hui. C’est que les enfants continuent de naître et de manquer de tout, tandis qu’on fournit encore des armes à ceux qui vole de tout, au détriment de tous. Cercle vicieux, cercle immuable…

Ainsi que le déclare le personnage de ce roman illuminant : « Mais Allah n’est pas obligé d’être juste avec toutes les choses qu’il a créées ici-bas. »

Ni Allah, ni Dieu, ni Hommes, ne sont obligés d’être justes. On le saura. Heureusement, certaines histoires tristes ont une fin heureuse… relativement…

Allah

La reine du fleuve

 

 La reine du fleuve est une jeune fille, Maia; une orpheline londonienne qui doit aller vivre chez des parents éloignés, au Brésil. Ces derniers, des gens malintentionnés qui en ont uniquement après son héritage, habitent près du Manaus, en Amazonie. Heureusement qu’elle a un goût pour l’aventure, car en compagnie de sa gouvernante, d’un apprenti acteur et du fils d’un botaniste reconnu, c’est ce qui l’attend !

Jamais un roman de la merveilleuse Eva Ibbotson ne m’a déçue jusqu’ici. Elle a ce talent incroyable de faire vivre aux lecteurs des aventures palpitantes sans tomber dans le mélodramatique ou pire, la surenchère. Et encore plus impressionnant, de nous ouvrir les yeux, l’esprit, le gros bon sens sur des réalités qui nous resteraient autrement étrangères. La digne héritière de Frances H. Burnett!

Je recommande aussi fortement Recherche sorcière désespérément, un titre moins connu mais jubilatoire!

Un été sans les hommes

 

La femme. L’homme. Et leurs infinis variations, tribulations, circonvolutions. Dans ce roman, il est question de Madame.

Un roman qui regarde à travers les yeux d’une femme qui décide de se réfugier, le temps d’un contrat d’enseignement d’un été, loin de la liaison que son mari entretient avec une femme plus jeune qu’elle. Elle se retrouve dans la tranquille campagne du Minnesota auprès de sa mère et d’un cercle de pétillantes veuves octogénaires.

Ce roman, c’est lire la femme à tous les âges de la vie, chaque étape cruciale, chaque moment difficile et chaque petit rien qui forme le quotidien au-delà de toutes ces croisées de chemin.

Une histoire sereine par une excellente écrivain, Siri Hustvedt. Un archipel d’humains qui affrontent leur fragilité avec toute la force qu’ils possèdent, ou ignoraient qu’ils possédaient.

Pour être claire: c’est illuminant, émouvant et amusant! Incontournable, à mon humble avis.