Maurice

 

A room with a view est l’un des films préférés d’un de mes amis préférés. Il s’avère que ce film est tiré d’un roman écrit par un écrivain anglais emblématique, E. M. Foster.

À ma librairie indépendante, et même à la librairie indépendante d’un autre coin de MTL, ni A room with a view et sa traduction, Avec vue sur l’Armo, se trouvaient sur les tablettes (normal, c’est un vieux titre). Par contre, sidéral bonheur à venir, il y avait une vieille copie de Maurice

Boum. La finesse, la sensibilité, le regard acéré, dur, jamais cynique de l’auteur, el cœur battant de ses personnages, Maurice, cher Maurice que l’on se prend à aimer et détester et aimer à nouveau. J’ai été charmé par cet éloge à la beauté, aux remous de l’amour – pas de ceux qu’on vend dans les pharmacies, ornés de femmes pâmées dans les bras d’hommes aux abdominaux trop nombreux pour être vrais- , et surtout un regard lucide, peut-être un plaidoyer à l’ouverture d’esprit et la révolte contre la condamnation implacable de l’homosexualité dans l’Angleterre du  début du 20ième siècle.

Un roman qui chavire et ravit. Et qui laisse croire que pour les amoureux, tout est possible…

Je m’appelle Mina et j’adore la nuit. Tout semble possible la nuit quand le reste du monde est endormi

Magnifique.Mina raconte la vie, perchée dans son arbre. Ses mots vont dans tous les sens, ils sont immenses, trop grand pour le reste du monde. À travers les mots, les silences, les blancs et les moments sombres, Mina dénoue les fils de son secret…

Un superbe personnage au coeur d’un roman hors du commun. Cette fillette de 10 ans regarde là où, souvent, on ferme les yeux.

 

La mise à nu des époux Ransome

Parce que j’avais adoré à l’extrême l’excellent La Reine des lectrices, une merveilleuse amie et fabuleuse libraire, dont vous devriez visiter le blog d’ailleurs http://www.lililesmerveilles.com/ , m’a recommandé de lire La mise à nu des époux Ransome.

Ici, l’absurde marche main dans la main avec la réalité, sur un fil si fin que la moindre inattention risque de nous faire basculer. En revenant d’un concert, un soir, les époux Ransome découvrent leur appartement vide. Cambriolé? Vidé, plutôt, car il ne reste rien. Rien de rien. Le papier de toilette, l’horloge, la plante morte et la carpette élimée. Du quotidien, des souvenirs, d’une vie entière, rien ne reste. Sauf les époux.

Drôle, cruel, presque effrayant. Court roman suivi du tout aussi excellent Jeux de paumes.