Le livre que tout le monde a lu – 4

Un incroyable plongeon dans l’âme humaine qui secoue les idées reçues, ou mieux encore, les idées qu’on se fait du monde. Zou, à la bibliothèque, lecteurs-trices !

 

Madame Bovary. Vous la connaissez. Ou alors, vous avez passé son chemin un jour. Cette Madame Bovary pleine de charme, endettée, déçue de son mari, lassée de ses amants, incapable d’aimer sa fille, qui rêve à s’en rendre malade d’une vie de princesse mondaine qu’elle ne pourra jamais obtenir. Pour ma part, j’ai croisé deux Madame Bovary. Une personne emplit d’ambitions, un être qui a un rêve, qui travaille pour ce rêve, qui réalise ce rêve et qui est déçu. Invariablement déçu et insatisfait.

La Madame Bovary de notre époque, elle m’énerve un peu mais je ne peux m’empêcher de ressentir de la compassion pour ses rêves pathétiques de vie princière dans un monde glorifiant le commun, le médiocre, le juste-assez-pour-être-libre-de-juger toute personne qui sort du moule. Je compatis car certains de mes rêves, de nos rêves, meurent effrités par les exigences du monde et les limites de crédit des banques.

Le roman de ce cher Flaubert, condamné par le clergé lors de sa parution pour outrage aux bonnes moeurs (ils pouvaient bien parlé, ces douteux cathos…), est une lecture imposée dans nombre de collèges, ce qui en encourage peu à se frotter à la tranquillité de la vie de village à l’aube de la Belle Époque. Du courage, ce roman est un grand roman! Un incroyable plongeon dans l’âme humaine qui secoue les idées reçues, ou mieux encore, les idées qu’on se fait du monde tel qu’il était, est, sera.

Zou, à la bibliothèque, lecteurs-trices ! Et la version intégrale, si vous me permettez d’insister, vigoureusement.

Un été sans les hommes

 

La femme. L’homme. Et leurs infinis variations, tribulations, circonvolutions. Dans ce roman, il est question de Madame.

Un roman qui regarde à travers les yeux d’une femme qui décide de se réfugier, le temps d’un contrat d’enseignement d’un été, loin de la liaison que son mari entretient avec une femme plus jeune qu’elle. Elle se retrouve dans la tranquille campagne du Minnesota auprès de sa mère et d’un cercle de pétillantes veuves octogénaires.

Ce roman, c’est lire la femme à tous les âges de la vie, chaque étape cruciale, chaque moment difficile et chaque petit rien qui forme le quotidien au-delà de toutes ces croisées de chemin.

Une histoire sereine par une excellente écrivain, Siri Hustvedt. Un archipel d’humains qui affrontent leur fragilité avec toute la force qu’ils possèdent, ou ignoraient qu’ils possédaient.

Pour être claire: c’est illuminant, émouvant et amusant! Incontournable, à mon humble avis.