Du plaisir de relire

C’est arrivé un dimanche gris. Le brunch attendait les invités qui seraient en retard, selon…

C’est arrivé un dimanche gris.

Le brunch attendait les invités, qui seraient en retard selon leur coutume, qui par ailleurs me coule sur le dos comme l’eau de la douche sur le dos de mon canard en plastique.

Dans la minuscule pièce où s’entassent les livres qui ont survécu au Grand Déménagement chez l’Amoureux, soudain, un livre de guingois me titilla l’irritation.

Pour le replacer, il fallut bien déplacer ce livre-là, puis ce livre-ci. Au rythme des livres retrouvés, feuilletés avec délectation avant d’être mis de côté, grands ouverts pour garder la page, les livres s’entassèrent sur la table à café. Le divan. Le tapis. Le plancher.

Après un moment passé en compagnie des personnages de Sense and Sensibility, me voilà inquiète de voir apparaître, à l’auberge, le personnage tant attendu par le pirate à la jambe de bois de L’Ile au trésor.

À peine après m’être glissée à bord le sous-marin du Docteur Alphonse, voilà que je me retrouvais devant un immeuble mystérieux, en pleine nuit japonaise, en quête d’un fantôme avec Wataru, juste avant qu’il n’entame sa Brave Story.

Mais très vite, je soupire en apercevant le Middlemarch jamais entamé, le Guerre et Paix  jamais terminé (j’en suis à la page 382…depuis 15 ans…) et la brique prêtée par ma belle-mère, qu’il faudra bien que je lise un jour, ne serait-ce que pour la cause.

Les premiers romans à retrouver leur place dans la bibliothèque sont les romans à lire plus tard.

Ainsi, au revoir, Tolstoï! À très bientôt, promis, miss Georges Eliot! Dès que les vacances arrivent, grosse brique, on se reverra!

En attendant, je relis, relis, relis…

Mervyn Peake

Mervyn Peake est l’un des seuls auteurs fantasy qui place les forces et les faiblesses des personnages au centre de l’action.

Ce sont trois romans fantasy, comme personne n’en a jamais écrit, que j’essaie de terminer depuis trois ou quatre ans.

C’est excellent, promis, mais il faut avoir la force morale pour aborder la noirceur des âmes qui vivent dans l’étrange château Gormenghast sans y sombrer soi-même.

Arpenter les couloirs infinis de Gormenghast demande beaucoup de courage. Et réalité étrange, aimer les personnages est une tâche ardue. Si chaque personnage est inoubliable, profondément ancré dans ses grandeurs et ses faiblesses, il n’en reste pas moins qu’ils sont tous et chacun, à leur manière, détestables.

Pour marquer cet énième retour à ce blogue que j’aime, mais que je trouve rarement le temps d’entretenir, étant blogueuse à temps plein pour un concessionnaire, je reprends le collier Mervyn Peake.

Page 316.

C’est parti!

Au service surnaturel de sa Majesté

Au service surnaturel de sa Majesté est un roman tout « marvelien » où l’on a plaisir à suivre les tribulations de personnages bien particuliers…

Une femme se réveille dans un parc. Elle ignore qui elle est, ce qu’elle fait là en pleine nuit sous la pluie, qui plus est entourée de cadavres portant des gants en latex.

Voilà l’entrée en matière de ce roman inclassable, un pied dans la fantasy, un pied dans le roman d’espionnage et un sourire à chaque chapitre. Si les personnages naviguent entre le convenu propre aux X-Mens et autres personnages « marveliens » (hou, je l’ai fait, j’ai mis Marvel au goût des mes anciens universitaires), l’auteur se joue de ces conventions et parvient à nous captiver.

Quel bon moment que ce roman, qu’on ne relit pas mais qu’on aura plaisir à partager. Disponible dans une bibliothèque près de chez vous ou encore chez votre libraire indépendant préféré, Au service surnaturel de sa Majesté est un petit plaisir pas coupable du tout à savourer sans culpabilité.

Est-ce que ça sent la suite? Oui et non. Une fois le charme de la découverte passé, on a dû mal à imaginer une histoire qui n’irait pas piger allègrement dans tous les clichés du genre, ce qui a été évité avec un certain talent ici.

Mais c’est sans compter l’appétit vorace des maisons d’éditions de par le monde….

Mais toujours est-il que toutefois donc, d’abord et avant tout, la beauté de roman enjoué et haletant, c’est qu’il réussi à nous faire passer un bon moment en toute simplicité!