La lenteur

La lenteur. Un bijou de roman. Loin de son merveilleux classique, encore sur ma pile de livres à lire, L’insoutenable légèreté de l’être.

Lent, comme promis. Tendrement onirique. Des mots qui s’agitent doucement, poussés par une voix unique, un regard brillant.

 »  » Un roman ? » demande-t-elle angoissée. J’incline la tête.  » Tu m’as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux. Une Grande Bêtise Pour Ton Plaisir. J’ai peur que le moment ne soit venu. Je veux seulement te prévenir : fais attention.  » J’incline la tête encore plus bas.  » Te rappelles-tu ce que te disait ta maman ? J’entends sa voix comme si c’était hier : Milanku, cesse de faire des plaisanteries. Personne ne te comprendra. Tu offenseras tout le monde et tout le monde finira par te détester. Te rappelles-tu ? – Oui, dis-je. – Je te préviens. Le sérieux te protégeait. Le manque de sérieux te laissera nu devant les loups. Et tu sais qu’ils t’attendent, les loups.  » Après cette terrible prophétie, elle s’est rendormie. « 

Le vieux qui lisait des romans d’amour

Un roman bref, qui va droit au cœur, et qui ne parle pas du tout de romans d’amour.

Un vieil homme s’enfonce dans la jungle, à la chasse d’un grand félin responsable de la mort d’un homme blanc; mort dont les Shuars, la population indigène de ce coin de l’Amazonie, sont injustement accusés.

La jungle, la chaleur, un homme usé d’années en quête d’une fin. La fin de la barbarie des hommes? Il n’y aura jamais de fin à cela. Mais il existe des baumes, des réconforts et des beautés pour y résister, voir s’en prémunir. Et si c’est ce baume à l’âme que trouve le vieil homme dans les romans d’amour qu’il affectionne, c’est dans la poésie, la chaleur, la simplicité des mots de l’auteur Luis Sepulveda, que j’ai trouvé la douceur et la beauté de la mélancolie.

p.s.: Pour les ceux-ci qui veulent convaincre les ceux-là que lire est un plaisir, un bonheur, un baume,  c’est le roman à recommander…

Rosa Candida

Rosa1Arnljótur part.

Il quitte la glace et le feu, son père et ses questions culinaires, le souvenir d’un ventre blanc, d’une pleine lune bleu à travers les carreaux de la serre. C’est loin de l’Islande qu’il se rend, avec en poche un boulot dans un monastère italien et quelques boutures de sa rose fétiche, Rosa Candida.

On a beaucoup parlé de ce livre. Jamais en mal, à ma connaissance du moins. Pour cette simple raison, la popularité du roman, j’ai boudé trop longtemps l’immense plaisir, la grande beauté de cette histoire et, par le fait même, l’incontestable talent de son auteure (et de la traductrice!).

Aussi, sans autre préambule: attendez le silence d’un dimanche après-midi, si un tel luxe est à votre portée, et laissez-vous glisser, lentement, de sourires en soupirs, dans ce roman exceptionnel.