Un roman? Un conte? Un album? Un sublime mélange de tout cela.
Le Yark
Le Yark est un monstre tout ce qu’il y a de monstrueux. Mais il est affligé d’un estomac fragile, ce qui l’oblige à dévorer seulement les enfants très, très sages…
Le Yark est un monstre tout ce qu’il y a de monstrueux. Mais il est affligé d’un estomac fragile, ce qui l’oblige à dévorer seulement les enfants très, très sages…
Un roman? Un conte? Un album? Un sublime mélange de tout cela.
Quand il fait un temps comme aujourd’hui, inutile de mettre le nez dehors. Sauf si, horreur, la réserve de thé et de biscuits est épuisée. Pourtant, ce sera d’autant plus agréable de rentrer à la maison. Pendant, que l’eau bout et que vos doigts dégèlent, vous irez vous planter devant la bibliothèque à la recherche d’un roman à relire, d’un monde, d’un regard à redécouvrir.
Dans mon coin de monde, les arbres sont couverts de verglas et la pluie ruisselle sur la glace, la neige, l’amalgame des genres. La soupe mitonne sur le four, l’amoureux casse la croûte santé tandis que les lourds nuages de pluie alourdissent la fin d’un jour de janvier. Pour se protéger de la morosité, j’ai choisi la chaleur des amitiés impromptues, les bulles de prosecco, une ganache en devenir, bref, L’école des saveurs et ses personnages vibrants, simples comme tout le monde.
Un roman alléchant, captivant, à lire en solo en compagnie d’une (petite) assiette de chou à la crème éclair, d’un bol de chowder riche ou d’un bol de chocolat velouté. Un roman culinaire, donc, on l’aura compris, mais qui possède ce je ne sais quoi de simplissisme, de profondeur et de douceur onctueuse.
Ça se lit en quelques heures. Ça prépare aussi remarquablement à une petite sieste de 16h00. Maintenant je vous laisse, j’ai une folle envie de plonger des pâtes fraîches dans une sauce tomatée aux saucisses parfumée à la sauge…
L’imagination, confinée à l’enfance, trouve son chemin vers le cœur de l’adulte, avec cent images et sans mots.
Une bande dessinée (qui se fait traité de roman graphique désormais) unique que tous les amoureux des livres de ma connaissance ont lu, l’admiration béate illuminant leurs yeux ravis, émus, époustouflés.
L’auteur Shaun Tan, primé au Festival d’Angoulême en 2008 pour Là ou vont nos pères (et récipiendaire d’un oscar en 2011 pour le court-métrage d’animation The Lost Thing) , raconte l’immigration à travers des dessins fabuleux et un univers étonnant, où le regard de l’adulte se penche sur l’imaginaire, ce refuge trop souvent confiner à l’enfance.
Ne cherchez pas les mots dans cette bande dessinée. Aucun n’a été utilisé. La force des images, leurs messages, l’universalité qu’elles portent, transcendent tous les langages, toutes les cultures.
Il y a ce petit hic avec cet album merveilleux: il est rarissime! Victime de sa popularité ou des libraires avides, il ne semble jamais disponible dans mon coin de pays lorsque je souhaite enfin me le procurer. Car oui, c’est un livre essentiel pour une bibliothèque en santé!
P.S.: Je l’ai trouvé ! Quatre ans plus tard, lors d’une promenade comme tant d’autres dans la vitrine de ma librairie indépendante préférée, située sur la rue principale de mon »village » citadin.
Cette bande dessinée a encore davantage de poids maintenant, alors que les migrants et les réfugiés se multiplient de par le monde, au rythme des armes que l’on vend aux gens qui les chassent. Littéralement.
Publié la première fois en 2006 par Lothian books, on retrouve le titre en français chez Dargaud éditeur.