Suis-je snob?

Cette profonde réflexion est livrée avec un ton humoristique que l’on retrouve peu chez cette auteure tourmentée.

 

Ce salon mythique a existé. Bloomsbury’s circle. L’émergence de nouvelles pensées, certaines dangereuses, d’autres nostalgiques, ou encore résignées. Le roman nouveau souffle sur le monde qui s’apprête à traverser une tempête d’humainerie atroce.

Le Memoir Club, un groupe d’intellectuels sévissant à la fin des années 30, s’interroge sur l’humain, ses travers, ses curiosités et le monde qu’il crée. Virginia Wolf, écrivaine, essayiste, intellectuelle, s’interroge quand à elle sur sa place au sein de ce gratin sélect d’invidus généralement fortunés. Ses raisons d’y être, sa légitimité d’y rester. Cette profonde réflexion est livrée avec un ton humoristique que l’on retrouve peu chez cette auteure tourmentée. Ce tour d’esprit sublime, ces mots qui toujours se remettent en question se donnent, simples et joyeux.

Quelques essais gouvernés par la méditation sur le snobisme, sur le rapport à l’autre, l’auteure ayant toujours en tête cette perspective de la hiérarchie, réalité qu’on aurait tort de remiser sous l’irritant prétexte que nous en soyons en 2014 (vous l’avez entendu à la radio, à la télé, sur le Ipad, ce commentaire aveuglé  »je peux pas croire qu’en 2014, il y ait encore des gens qui… » qui me vrille le peu de bon sens que la bonté de la nature daigne encore m’accorder). Un recueil qu’on aura un malin à lire et à réfléchir. Et, si je puis me permettre, bien traduit par les éditions Rivages.

 

Le livre que tout le monde a lu – 3

J’ai un faible pour ce jeune homme qui aspire, au creux de son coeur, à devenir autre chose que ce tous les adultes doivent devenir.

 

En français, c’est L’Attrape-coeurs. En anglais, c’est mieux, The Catcher in the Rye .

En gros, c’est le roman que tous les adolescents doivent lire, que tous les adultes devraient relire. Un jeune homme au coin de l’adulterie désabusée qui, malgré son incapacité à saisir la beauté, cherche à l’atteindre, la toucher, la retenir. Trois jours à New-York dans les années 50, la désillusion de l’après-guerre et l’espoir de dénicher une lueur de vérité à travers les épaisses couches de mensonge sur lequel la société continue son intraitable avancée vers le progrès. Résumé succinct à dessein, car bien d’autres en ont écrit de bien mieux. J’ai un faible pour ce jeune homme qui aspire, au creux de son coeur, à devenir autre chose que ce tous les adultes doivent devenir.

J.D. Salinger, c’est un rythme singulier, un souffle déconstruit à rattraper constamment au fil de la lecture et qui soudain devient le souffle du lecteur. Difficile de mettre de côté ce roman majeur, incontournable, présent sur toutes les fameuses listes (grrrr, les listes, les listes, ma claque des listes, encore des listes, toujours des listes…) de livres à lire pendant qu’on peut, pendant qu’il n’est pas trop tard, pour se sauver un peu le coeur.

Certes, un roman que tout le monde a lu. Mais quel roman ! À lire dès 14 ans, en anglais si vous pouvez, en français tant que vous voulez (la traduction est excellente chez Pocket).

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